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LA BIOSECURITE, UNE SOLUTION AUX DEFIS SANITAIRES DE L’AQUACULTURE AFRICAINE

Par: Dr Mustapha ABA, Chercheur en Aquaculture, Maroc.

La propagation des maladies des animaux aquatiques est en train de se transformer en une grave menace pour la santé humaine et l’environnement. L’impact des agents pathogènes peuvent être gérés avec une bonne hygiène et les pratiques d’élevage. Ainsi, le maintien de la santé dans l’aquaculture est maintenant considéré comme l’un des aspects les plus importants du développement et de la gestion de l’aquaculture. La Biosécurité est la clé pour réduire le risque d’introduction de maladies dans une exploitation aquacole.

Qu’est-ce que la biosécurité ?

« La biosécurité comprend un ensemble de mesures scientifiques standard, adoptées pour exclure les agents pathogènes des environnements de culture et des hôtes et, plus largement, pour limiter l’établissement et la propagation des agents pathogènes ».

Des sources fiables de stocks, une détection et une surveillance adéquates des outils de diagnostic pour les maladies exclusives, la désinfection et l’éradication des agents pathogènes, et des outils pratiques acceptés sont les éléments clés de la biosécurité. De telles mesures protègent les semences contre les maladies transmissibles des agents infectieux et en réduire les conséquences d’infection. Le dépistage des agents pathogènes est crucial pour bloquer les voies d’entrée.

Pourquoi la Biosécurité en aquaculture africaine ??

Ces dernières années, les concepts de biosécurité et de sûreté biologique ont été introduits dans le secteur  de l’aquaculture de façon progressive dans le monde, mais toujours de manière discrète et non représentative dans le contexte africain. La biosécurité regroupe une série de stratégies et d’actions qui, ensemble, favorisent l’interruption de la circulation des agents pathogènes dans un système de production animale, valorisant la santé des animaux aquatiques. D’autre part, les mesures de biosécurité regroupent des stratégies et des actions qui prennent soin en particulier de la santé des personnes concernées et qui sont également étroitement liées à la sécurité au travail. Ces deux concepts vont de pair et doivent être mis en œuvre dans la routine aquacole afin de parvenir à une croissance ordonnée, responsable et stable de la production aquacole.

Ces dernières années, on peut citer l’introduction et l’émergence de nouvelles maladies dans l’aquaculture, telles que la TLV qui affecte l’élevage du tilapia, l’infection bactérienne , parasitaire chez les poissons et les crevettes. Dans ce scénario, il est nécessaire de faire des efforts pour connaître la biologie de ces pathogènes, y compris leur maintien dans le milieu de reproduction, leurs mécanismes d’infection, leur transmission et les aspects pathologiques de la maladie. Ce n’est qu’ainsi que nous pourrons prendre des mesures contre la libre circulation de ces maladies, notamment en mettant l’accent sur la promotion d’une meilleure santé dans l’environnement de production, avec décontamination et mise en place de barrières sanitaires efficaces. Sinon, la croissance désordonnée, sans respecter les principes de la santé animale et de l’environnement atteindra le point où l’activité d’élevage deviendra insoutenable, avec des pertes majeures par la dépréciation de l’environnement et la forte pression des agents pathogènes.

Pour l’avenir de l’aquaculture, les défis sanitaires seront certainement plus importants et plus fréquents. Il s’agit de l’émergence de nouveaux pathogènes, ainsi que de l’évolution de la résistance et de la pathogénicité des agents étiologiques que nous connaissons aujourd’hui dans la routine des fermes aquacoles. Le secteur de l’aquaculture africaine doit donc se préparer et anticiper cette situation, afin que cette industrie émergente ne subisse pas d’impacts majeurs dans sa phase de consolidation.

Et comment se préparer ?

La première étape à franchir consiste à former des ressources humaines qui seront formées et disposées à répondre à ces questions. Un autre facteur important est d’expérimenter des stratégies réussies dans d’autres activités d’élevage pratiquées en Afrique, en particulier l’élevage bovin et avicole, et de s’inspirer des modèles déjà en vigueur dans l’aquaculture internationale, notamment la salmoniculture. De cette façon, nous serons en mesure d’aller de l’avant à grands pas pour réaliser et mettre en œuvre notre propre modèle de biosécurité aquacole africaine, afin d’ajuster notre propre modèle, adapté à chaque réalité des espèces élevées dans les différentes pays de notre continent.

Pour cela, les aquaculteurs africains doivent prendre  des mesures de biosécurité appropriées afin de prévenir les problèmes de santé émergents et réduire l’impact des maladies grâce au principe de la prévention des maladies plutôt que de la réponse curative.

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